Contrat conciergerie Airbnb : qui paie l'amende ?
- UpperKey

- il y a 3 heures
- 8 min de lecture
Le tribunal judiciaire de Paris vient de condamner une conciergerie à une amende de 220 000 €. C'est une première en France qui bouleverse complètement la lecture du contrat de conciergerie Airbnb. Depuis le 20 mai 2026, les propriétaires qui confient leur logement à une conciergerie se posent une question essentielle : qui paie l'amende si l'annonce est irrégulière ? En effet, les sanctions sont nettement durcies, et l'amende peut atteindre 100 000 € pour un intermédiaire. Dans cet article, nous analysons les responsabilités selon votre modèle de contrat de conciergerie, les clauses essentielles d'un contrat de prestation de service conciergerie, et notamment les conditions de résiliation contrat de conciergerie pour vous protéger.

Table of Contents
L'affaire de l'amende record de 220 000 € : ce qu'il faut savoir

Les faits du jugement parisien de juillet 2026
Quatre appartements situés dans les VIIe et VIIIe arrondissements de Paris ont fait l'objet d'une procédure judiciaire le 10 juillet 2026. La multipropriétaire louait ces logements sur Airbnb sans autorisation de changement d'usage depuis 2022 pour trois d'entre eux, et depuis 2023 pour le dernier. Les annonces restaient actives début juin 2026, au moment même de l'audience.
La Ville de Paris, qui dispose d'une équipe spécialisée dans le contrôle des locations touristiques, a estimé que les gains totaux perçus entre 2022 et 2024 dépassaient 410 000 €. Le tribunal judiciaire a prononcé une amende de 220 000 € contre la propriétaire. La société de conciergerie mandatée pour gérer les réservations a été condamnée au même montant. Le total des amendes s'élève donc à 440 000 €.
De plus, la justice a ordonné la remise en location d'habitation des quatre logements dans un délai d'un mois, sous peine de 1 000 € par jour de retard et par appartement.
Pourquoi la conciergerie a été condamnée au même montant que le propriétaire
La condamnation de la conciergerie repose sur l'article L. 651-2-1 du code de la construction et de l'habitation issu de la loi Le Meur. Ce texte frappe d'une amende civile, pouvant atteindre 100 000 € par local irrégulièrement transformé, toute personne qui se livre ou prête son concours à la commission de l'infraction de changement d'usage illicite.
Le tribunal a estimé qu'en tant que professionnelle de l'immobilier et de la conciergerie de locations saisonnières, la société ne pouvait pas ignorer la réglementation applicable. Le montant du plafond s'apprécie par personne poursuivie et par local irrégulièrement transformé. Par conséquent, chaque logement exploité irrégulièrement peut donner lieu à autant d'amendes qu'il y a de participants poursuivis.
Les principes de personnalité et d'individualisation de la peine font obstacle à toute condamnation solidaire. Le juge doit caractériser le comportement propre de chaque défendeur et fixer une amende distincte.
Ce que change concrètement ce jugement pour le secteur
Il s'agit de la première condamnation d'une conciergerie à une telle amende à Paris. Avant la loi Echaniz-Le Meur entrée en vigueur en novembre 2024, l'amende maximale encourue était de 50 000 €.
Le législateur n'a exclu que la mise à disposition d'une plateforme numérique : les conciergeries, agences et mandataires de gestion sont directement visés. Jacques Baudrier estime à 25 000 le nombre de locations touristiques illégales à Paris.
Contrat de conciergerie Airbnb : les bases juridiques qui déterminent la responsabilité

Contrat de prestation de service conciergerie vs mandat de gestion
Un modèle de contrat de conciergerie peut prendre deux formes juridiques distinctes. Le contrat de prestation de service conciergerie délimite des missions matérielles : ménage, accueil, coordination. La conciergerie agit comme simple exécutant et ne signe aucun bail. Les annonces et paiements restent au nom du propriétaire.
Le mandat de gestion confie des actes juridiques : encaissement des loyers, signature des baux au nom du propriétaire, gestion des flux financiers. Cette configuration nécessite la détention de la carte professionnelle G selon la loi Hoguet. Le mandat de gestion s'inscrit notamment dans le cadre des articles 1984 et suivants du Code civil.
Les obligations légales de chaque partie avant la loi Le Meur
Le propriétaire restait juridiquement responsable de la déclaration de son bien et du respect des plafonds de location. La conciergerie devait vérifier ces éléments avant de signer un mandat pour protéger sa réputation et limiter les litiges contractuels.
L'intermédiaire devait informer le loueur de ses obligations déclaratives, recueillir une déclaration sur l'honneur, obtenir le numéro d'enregistrement et le faire figurer dans toute annonce diffusée. Le manquement exposait l'intermédiaire à des amendes civiles pouvant atteindre 12 500 € par meublé.
La loi Le Meur : qui devient responsable de quoi depuis le 20 mai 2026
Désormais, tout logement proposé à la location courte durée doit être enregistré auprès d'un téléservice national dédié. Les conciergeries ne peuvent plus se réfugier derrière leur statut d'intermédiaire. Elles sont directement exposées à des amendes civiles pouvant atteindre 100 000 € par logement.
Les sanctions encourues par le propriétaire et l'intermédiaire
Les amendes en cas de non-respect sont sévères : 10 000 € pour absence d'enregistrement, 20 000 € pour un faux numéro. L'intermédiaire qui manque à ses obligations encourt 12 500 € par meublé pour défaut d'information ou de recueil de déclaration, et 50 000 € par meublé pour non-transmission des données d'activité.
Qui paie l'amende selon les différentes situations

Quand le propriétaire supporte seul l'amende
Le propriétaire reste le premier exposé lorsque le logement est loué sans déclaration, sans numéro valide ou sans autorisation de changement d'usage. Effectivement, c'est lui qui met le logement à disposition et qui tire les revenus de la location. Les infractions structurelles restent sa responsabilité exclusive : louer un logement qui ne respecte pas les critères de décence, ne pas obtenir l'autorisation de changement d'usage, ou dépasser le plafond applicable à la résidence principale.
Déléguer la gestion ne constitue pas une cause d'exonération. La connaissance de l'exploitation, déduite du contrat, des relevés de gestion ou du maintien des annonces après mise en demeure, suffit à fonder la sanction.
Quand la conciergerie est responsable des sanctions
La responsabilité de la conciergerie devient engagée lorsqu'elle a créé ou remis en ligne l'annonce sans vérifier les préalables. Notamment si elle a repris une ancienne annonce, dupliqué une annonce d'une autre plateforme, ou laissé le logement en ligne alors qu'elle savait qu'un numéro manquait.
En tant que professionnel, elle ne peut ignorer la réglementation applicable et doit obtenir des propriétaires l'information relative à l'usage du bien avant de procéder aux locations. Une déclaration sur l'honneur du client ne suffit pas lorsque les pièces disponibles font naître un doute sur le statut du logement.
Quand les deux parties sont condamnées séparément
Dans l'affaire parisienne de juillet 2026, le propriétaire et la conciergerie ont chacun écopé de 220 000 € d'amende. Le montant total atteint donc 440 000 € sur un seul dossier. Cette double sanction miroir constitue une première en France.
Chaque partie supporte sa propre condamnation, pour un montant identique mais distinct. Les principes de personnalité et d'individualisation de la peine font obstacle à toute condamnation solidaire.
Le rôle du contrat dans la répartition finale des amendes
Une clause de garantie ne lie ni la commune ni le juge de l'amende, laquelle demeure strictement personnelle. En revanche, elle organise les recours entre le propriétaire et son gestionnaire. Le contrat de conciergerie doit stipuler précisément les obligations de chacun : vérification documentaire du statut du local, information sur les obligations déclaratives, suivi des nuitées, procédure d'alerte et conservation des justificatifs.
En cas de mise en demeure ou d'amende, il faut relire le modèle de contrat de conciergerie signé. Les clauses décisives précisent qui devait vérifier l'existence du numéro d'enregistrement, qui devait demander l'autorisation de changement d'usage, et qui supporte les conséquences d'une information fausse ou incomplète.
Comment sécuriser votre contrat de conciergerie pour éviter les amendes

Les clauses essentielles à inclure dans un modèle de contrat de conciergerie
Le mandat de gestion doit préciser le périmètre des prestations, la commission appliquée, la répartition des responsabilités en cas de dégradation ou de litige avec un voyageur, et les modalités de résiliation.
En effet, votre contrat de prestation de service conciergerie doit contenir l'identité complète des parties, l'adresse précise du bien géré, et stipuler qui encaisse les loyers. La conciergerie s'engage à souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle, tenir une comptabilité distincte, et adresser un compte rendu mensuel détaillé. De plus, vous devez vérifier que le contrat précise jusqu'à quel montant la conciergerie peut engager des dépenses sans votre accord préalable.
La checklist de vérification avant chaque mise en ligne
Vous devez déclarer votre meublé de tourisme aux impôts et à la mairie, selon votre commune. Ne pas faire cette déclaration expose à une amende civile pouvant aller jusqu'à 5 000 €. Dans certaines grandes villes, le non-respect des règles peut entraîner des amendes jusqu'à 50 000 €. La conciergerie doit obtenir votre numéro d'enregistrement avant toute publication d'annonce.
Les preuves documentaires à conserver obligatoirement
Conservez la déclaration en mairie, l'attestation sur l'honneur remise à la plateforme, le numéro d'enregistrement du meublé, et les relevés mensuels de votre conciergerie. Une veille réglementaire régulière permet de rester à jour avec les évolutions du secteur.
Résiliation contrat de conciergerie : les conditions à négocier
Un délai de préavis standard se situe généralement entre 30 et 90 jours. Dans le secteur de la conciergerie, le préavis standard est d'un mois. Vous devez notifier votre décision par courrier recommandé pour dater officiellement la fin de la collaboration.
Que faire en cas de mise en demeure de la mairie
Récupérez immédiatement la pleine propriété de vos comptes sur les plateformes et les codes d'accès. Vérifiez votre contrat pour identifier les obligations de chaque partie.
Key Takeaways
En juillet 2026, un jugement parisien a condamné une propriétaire ET sa conciergerie à 220 000 € d'amende chacune, soit 440 000 € au total. Cette décision historique bouleverse le secteur de la location courte durée et redéfinit les responsabilités entre propriétaires et intermédiaires.
• La double condamnation est désormais possible : propriétaire et conciergerie peuvent être sanctionnés séparément pour le même logement irrégulier, avec des amendes pouvant atteindre 100 000 € par partie.
• Les conciergeries ne peuvent plus se cacher derrière leur statut d'intermédiaire : depuis la loi Le Meur (mai 2026), elles sont directement responsables et doivent vérifier l'enregistrement avant toute mise en ligne.
• Le contrat ne protège pas du juge, mais organise les recours : une clause de garantie ne vous exonère pas de l'amende civile, mais permet de se retourner contre l'autre partie après condamnation.
• Trois documents sont indispensables : numéro d'enregistrement valide, autorisation de changement d'usage (si nécessaire), et contrat précisant clairement qui vérifie quoi.
• En cas de mise en demeure, agissez immédiatement : récupérez vos accès aux plateformes, relisez votre contrat et retirez les annonces non conformes sous 30 jours maximum.
La vigilance documentaire et contractuelle n'est plus optionnelle : avec 25 000 locations illégales estimées à Paris et des amendes multipliées par deux depuis 2024, chaque propriétaire et conciergerie doit sécuriser juridiquement sa pratique pour éviter des sanctions financières dévastatrices.
FAQs
Quelles sont les nouvelles règles pour les locations Airbnb en 2026 ?
Depuis le 20 mai 2026, les meublés touristiques doivent être enregistrés et les conciergeries doivent vérifier leur conformité.
Qui paie l'amende : propriétaire ou conciergerie ?
Les deux peuvent être sanctionnés séparément selon leurs propres manquements.
Quelles amendes sont possibles ?
Selon l'infraction, les sanctions peuvent aller de 10 000 € à 100 000 € par logement.
Que doit prévoir un contrat de conciergerie ?
Il doit clairement définir les obligations, responsabilités, assurances, contrôles de conformité et conditions de résiliation.
Que faire après une mise en demeure de la mairie ?
Vérifiez immédiatement la conformité, retirez toute annonce irrégulière et conservez tous les justificatifs et échanges officiels.




